A. Sulem & H. Béjin

Agnès Sulem & Honoré Béjin

Duo Agnès Sulem, violon et Honoré Béjin piano

Samedi 15 mai à 20h00 - Salle Kasino

JS Bach, C Debussy, J Brahms
 

Agnès Sulem et Honoré Béjin nous proposent un voyage à travers le répertoire pour violon et piano, de l'époque baroque jusqu'au XXe siècle, en passant par le romantisme.

 

Ecouter H. Béjin

Ecouter Agnès Sulem

 

 

 

 

Salle Kasino

 

 

• Jean-Sébastien BACH (1685-1750) : Sonate pour violon et clavecin en mi majeur (BWV 1016)
• Claude DEBUSSY (1862-1918) : Sonate pour violon et piano (CD 148)
• Johannes BRAHMS (1833-1897) : Sonate pour violon et piano n°3 en ré mineur, opus 108

Dans les six Sonates BWV 1014-1019 (écrites entre 1718 et 1722), Bach contribue à faire évoluer le genre de la sonate pour violon et clavecin - à travers notamment l'écriture plus élaborée de la partie de clavecin (comparativement au continuo traditionnel), ce qui permet un véritable dialogue entre les deux instruments. 


La Sonate BWV 1016 est de ce point de vue une réussite absolue, où l'on retrouve un art magistral de la synthèse entre la rigueur de contrepoint (héritée des musiciens d'Allemagne du Nord) et la richesse, la floraison mélodique que Bach admirait chez les musiciens italiens comme Corelli : art admirable d'équilibre, digne des joyaux de l'architecture baroque, et d'une profonde expressivité tout en contraste (du poignant Adagio à la jubilation de l'Allegro final).

Bien que Debussy ait confessé sa vénération pour la divine arabesque de Bach (dont il a d'ailleurs réalisé l'édition des sonates pour violon et clavecin, chez Durand), c'est en hommage aux maîtres français du XVIIIe siècle (tels Rameau ou Couperin) qu'il écrivit ses trois dernières sonates, pendant la Grande Guerre, durant l'hiver 1916-1917. La Sonate pour violon et piano est l'œuvre d'un musicien malade et exténué (Debussy mourra moins d'un an après sa création). Si le ton crépusculaire du premier mouvement, sorte de valse rêvée aux inflexions tziganes, sembler refléter cet état d'esprit (de même que la fantaisie grimaçante du second mouvement), le dernier mouvement est, de manière inattendue, plein « de vie presque joyeuse » comme l'écrit le compositeur.

C'est la plus pure tradition germanique que Brahms revendique, tradition dont il formera un maillon essentiel (ce qu'Hans von Bülow résumera dans sa fameuse formule des trois « B » : Bach, Beethoven, Brahms). La musique de chambre forme le cadre idéal où s'épanouira le génie du compositeur - conciliant maîtrise formelle, science de l'écriture instrumentale et romantisme foncier du tempérament. La Sonate pour violon et piano en ré mineur, achevée en 1888, porte de bout en bout l'inspiration d'une mélancolie rêveuse, d'une profonde poésie (comme dans le tendre Adagio), traversée d'élans tempétueux et passionnés - culminant dans l'imposant Finale.